Exercer une activité saisonnière ou complémentaire en auto-entrepreneur
Vous voulez tester une idée, arrondir vos fins de mois ou exercer une activité seulement quelques mois par an ? Le régime de la micro-entreprise (auto-entrepreneur) est taillé pour ça. Souplesse d’entrée, cotisations calculées uniquement sur ce que vous encaissez, fermeture en quelques clics : c’est le statut le plus léger pour se lancer sans se surcharger. Voici, à jour pour 2026, ce qu’il faut savoir pour l’utiliser en activité saisonnière ou complémentaire.
Un statut idéal pour tester et cumuler
La micro-entreprise n’oblige à aucun capital, aucun local, aucun engagement de durée. On s’immatricule en ligne en quelques minutes, on facture, et si l’activité ne prend pas, on ferme. C’est ce qui en fait l’outil parfait pour trois usages :
- Tester une idée de business avant d’y consacrer plus de moyens ou de basculer vers une société ;
- Cumuler une activité indépendante avec un emploi salarié, des études ou une retraite ;
- Exercer une activité ponctuelle ou saisonnière (marchés d’été, animation, prestations de fin d’année, coup de main récurrent) sans structure lourde.
Le principe est simple : pas de chiffre d’affaires, pas de charges. Vous ne payez de cotisations que sur ce que vous encaissez réellement. Attention toutefois : certaines activités réglementées (métiers du bâtiment, professions de santé, agents commerciaux ou agents immobiliers, etc.) restent soumises à leurs propres obligations — qualification, assurance, inscription ou carte professionnelle — que le statut micro ne dispense jamais de respecter.
Cumuler avec un salaire, le chômage ou la retraite
Le cumul est parfaitement légal dans la plupart des situations, sous quelques conditions :
- Salarié du privé : autorisé, à condition de respecter votre obligation de loyauté et de vérifier l’absence de clause d’exclusivité dans votre contrat de travail. Vous restez couvert par votre régime salarié pour la santé.
- Agent public : le cumul est encadré. Il faut en principe l’accord de votre administration au titre du cumul d’activités accessoires, et les règles diffèrent selon que vous êtes à temps plein ou à temps partiel.
- Demandeur d’emploi : vous pouvez cumuler votre micro-entreprise avec l’allocation chômage (ARE), en restant inscrit à France Travail et en déclarant vos revenus chaque mois. L’allocation est alors partiellement maintenue et recalculée en fonction de ce que vous gagnez.
- Retraité : le cumul emploi-retraite est possible ; ses modalités (cumul intégral ou plafonné) dépendent de votre caisse, de votre âge et des conditions de liquidation de vos droits.
Dans le doute sur votre cas personnel, faites-vous accompagner : une erreur de cumul peut coûter cher.
Déclarer son chiffre d'affaires, même quand il est nul
C’est l’obligation à ne jamais oublier : vous devez déclarer votre chiffre d’affaires à chaque échéance, mensuelle ou trimestrielle selon l’option choisie, même s’il est égal à zéro. En activité saisonnière, cela veut dire déclarer « néant » pendant les mois creux.
Une déclaration oubliée entraîne une pénalité forfaitaire (de l’ordre de 60 € par déclaration manquante en 2026), y compris quand vous n’avez rien encaissé. Et si l’absence de déclaration se prolonge, l’URSSAF peut appliquer une taxation forfaitaire provisoire, calculée sur une base majorée sans lien avec votre activité réelle. La bonne nouvelle : quand le CA est nul, la déclaration prend dix secondes et ne déclenche aucun paiement.
Des cotisations strictement proportionnelles à vos encaissements
Vos cotisations sociales sont un simple pourcentage de votre chiffre d’affaires encaissé. Les taux 2026 sont :
- 12,3 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement ;
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 23,2 % à 25,6 % pour les activités libérales (BNC), selon votre caisse de retraite (23,2 % pour les professions relevant de la Cipav, 25,6 % pour les autres).
Deux dispositifs allègent la note :
- L’ACRE réduit vos cotisations en début d’activité. Attention : depuis le 1er juillet 2026, l’exonération n’est plus que de 25 % (contre 50 % auparavant) et s’applique jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d’activité. Elle n’est pas automatique : la demande doit être adressée à l’URSSAF dans les 60 jours suivant la création.
- Le versement libératoire de l’impôt (sur option et sous condition de revenu fiscal de référence) permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les activités libérales.
Des plafonds proratisés la première année
Le régime micro est plafonné. Pour la période 2026-2028, les seuils de chiffre d’affaires sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales.
La première année, ces plafonds sont proratisés au nombre de jours d’activité. Une création au 1er juillet 2026 en prestations de services donne par exemple un plafond d’environ 42 100 € pour l’année (83 600 × 184/365). Un point utile à connaître pour une activité saisonnière lancée en cours d’année.
Côté TVA, vous restez en franchise en base (donc sans TVA à facturer) tant que vous ne dépassez pas 85 000 € / 93 500 € pour la vente et 37 500 € / 41 250 € pour les services. Bonne nouvelle pour 2026 : le projet de seuil unique de franchise à 25 000 € a été abandonné et le dispositif abrogé (loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025) — les seuils habituels restent donc en vigueur.
Arrêter quand on veut, sans engagement
La sortie est aussi simple que l’entrée. Vous pouvez déclarer une cessation d’activité en ligne à tout moment, gratuitement, sans justification ni préavis. La radiation est alors quasi immédiate.
Pour une activité saisonnière que vous comptez reprendre, deux options :
- Laisser la micro-entreprise en sommeil en continuant à déclarer « néant » — mais sans CA pendant 24 mois consécutifs (soit 8 trimestres), l’URSSAF procède à une radiation d’office ;
- Déclarer une cessation temporaire d’activité (1 an, renouvelable une fois), tout en continuant vos déclarations à zéro.
Enfin, en 2026, il n’y a plus de délai de carence pour se réimmatriculer après une radiation pour absence de chiffre d’affaires, à condition d’avoir soldé ses éventuelles dettes sociales. Vous pouvez donc arrêter et repartir au gré des saisons. (À noter : une radiation liée à un dépassement des plafonds impose, elle, un délai avant de recréer une micro.)
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Vous vous lancez, testez ou cumulez ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) est là pour vous représenter, vous défendre et vous accompagner à chaque étape — du premier euro facturé à la sortie du régime. Affilié à la CNPL, le SME suit pour vous les évolutions 2026 (ACRE, seuils, TVA, cotisations) et vous met à disposition une solution de facturation électronique conforme à tarif adhérent (100 à 180 € TTC/an).
Rejoignez le SME et avancez sereinement : vous entreprenez, on s’occupe du reste. Adhérer sur sme.oke.pro
Adhérer au syndicatSources
- URSSAF – Modification des seuils de chiffre d'affaires 2026
- economie.gouv.fr – Montant des cotisations sociales en micro-entreprise
- Service-public – ACRE : du changement pour le dispositif d'aide (réforme juillet 2026)
- Service-public – Franchise en base de TVA : suppression du seuil unique de 25 000 €
- economie.gouv.fr – Entrepreneur : avez-vous droit à l'ARE ?
- Service-public – Micro-entrepreneur : quand déclarer son CA ?
- Service-public – Cessation temporaire d'activité du micro-entrepreneur
- Bpifrance Création – ACRE : aide aux créateurs et repreneurs