Fiche métier

Se lancer comme psychologue en micro-entreprise

Régime : BNC · Code APE indicatif : 8690F
7 min de lecture·Par le SME

Le métier de psychologue attire chaque année de nouveaux praticiens souhaitant exercer en libéral, en cabinet ou à distance. C’est une profession à usage de titre protégé : diplôme précis exigé, mais pas de statut de « profession de santé » au sens strict du Code de la santé publique. Cette particularité a des conséquences directes sur vos obligations d’assurance, sur la TVA et sur votre caisse de retraite.

Bonne nouvelle pour l’installation : le psychologue peut exercer en micro-entreprise (ex-auto-entreprise), grâce à son affiliation à une caisse de retraite compatible avec ce régime. Ce guide fait le point, à jour pour 2026, sur tout ce qu’il faut savoir avant de recevoir votre premier patient.

Psychologue : un titre protégé, une caisse compatible avec la micro-entreprise

Le titre de psychologue est protégé depuis la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 (article 44) : seuls les titulaires d’une licence puis d’un master 2 mention psychologie (ou d’un diplôme reconnu équivalent) peuvent en faire usage. L’usurpation du titre est un délit sanctionné pénalement. Une fois diplômé, l’enregistrement au répertoire des professionnels de santé est obligatoire : votre numéro RPPS a remplacé l’ancien numéro ADELI à l’occasion de la bascule du 3 juin 2024.

Contrairement à ce qu’affirment parfois certains sites, le psychologue n’est pas juridiquement une « profession de santé » au sens des livres I à III de la quatrième partie du Code de la santé publique — c’est une profession à usage de titre. Cette nuance a une conséquence concrète : l’obligation légale d’assurance de l’article L. 1142-2 du Code de la santé publique, qui vise les professions médicales et paramédicales, ne s’applique pas explicitement au psychologue (voir plus bas).

Reste la question centrale pour l’installation : pourquoi le psychologue peut-il choisir la micro-entreprise, quand un infirmier ou un orthophoniste ne le peut pas ? La réponse tient à la caisse de retraite. Le psychologue relève de la Cipav, dont les cotisations peuvent être calculées strictement en proportion du chiffre d’affaires encaissé — compatible avec le régime micro-social. Les professions rattachées à la Carpimko (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, sages-femmes) cotisent en partie de façon forfaitaire, indépendamment du chiffre d’affaires réellement encaissé : un mode de calcul incompatible avec la logique du micro-social, qui les exclut mécaniquement de ce régime.

Régime fiscal (BNC) et code APE

En tant que psychologue libéral, vos revenus relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC). En micro-entreprise, vous bénéficiez de l’abattement forfaitaire de 34 % propre aux BNC : l’administration considère que 34 % de votre chiffre d’affaires couvrent vos charges, et vous êtes imposé sur les 66 % restants (sauf option pour le versement fiscal libératoire).

Le code APE le plus fréquemment attribué par l’Insee est le 8690F (« Activités de santé humaine non classées ailleurs »). Ce code est purement statistique : il n’a aucune incidence sur votre droit d’exercer ni sur vos cotisations. En cas d’attribution jugée inadaptée, une modification peut être demandée à l’Insee.

Seuils et plafonds applicables en 2026

L’activité de psychologue relève du plafond de chiffre d’affaires des prestations de services / activités libérales (BNC). Pour la période 2026-2028, ce plafond est fixé à 83 600 € de chiffre d’affaires annuel.

Tant que vous restez sous ce plafond, vous conservez les avantages du régime micro : comptabilité allégée, déclaration simplifiée, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires réellement encaissé. Un dépassement sur deux années civiles consécutives entraîne un basculement vers le régime réel (déclaration contrôlée) l’année suivante.

  • Plafond micro services / BNC 2026 : 83 600 €

Cotisations sociales : le taux Cipav à 23,2 %

Le psychologue fait partie des 19 professions libérales réglementées encore affiliées à la Cipav depuis le recentrage de cette caisse par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. En 2026, le taux de cotisations Cipav est de 23,2 % du chiffre d’affaires encaissé, contre 25,6 % pour les professions libérales non réglementées du régime général. Ces cotisations couvrent la retraite de base, la retraite complémentaire et l’invalidité-décès Cipav, ainsi que la maladie et les allocations familiales recouvrées par l’Urssaf.

S’y ajoutent la contribution à la formation professionnelle (0,2 % du chiffre d’affaires) et, à partir de la deuxième année, la cotisation foncière des entreprises (CFE).

L’ACRE reste mobilisable en début d’activité : exonération de 50 % des cotisations la première année pour les créations jusqu’au 30 juin 2026, ramenée à 25 % pour celles à compter du 1er juillet 2026. Demande à déposer auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité. Sous conditions de revenu fiscal de référence, le versement fiscal libératoire (2,2 % du chiffre d’affaires pour les BNC) permet de régler l’impôt en même temps que les cotisations.

TVA : une exonération de plein droit sur les consultations à visée thérapeutique

Comme pour l’ostéopathe, l’article 261-4-1° du Code général des impôts exonère de TVA « les soins dispensés aux personnes... par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre... de psychologue ». Vos consultations à visée thérapeutique sont donc exonérées de TVA de plein droit, quel que soit votre chiffre d’affaires, sous réserve d’être régulièrement inscrit au répertoire RPPS. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 261-4-1° du CGI ».

Un point de vigilance : cette exonération vise les prestations à finalité de soin. Des prestations sans lien avec une démarche thérapeutique — bilans de recrutement pour une entreprise, coaching professionnel pur, certaines expertises — peuvent sortir du champ de l’exonération et relever alors du régime de TVA de droit commun, avec la franchise en base classique jusqu’à 37 500 € (seuil majoré 41 250 €). En cas d’activité mixte, une comptabilité séparée par type de prestation est recommandée.

Assurance RC pro, déontologie et Mon soutien psy

Contrairement à l’ostéopathe, le psychologue n’est pas soumis à une obligation légale d’assurance assortie de sanctions pénales : l’article L. 1142-2 du Code de la santé publique, qui impose la RC pro, ne vise que les professions médicales et paramédicales, catégorie dont le psychologue ne relève pas juridiquement. En revanche, l’article 27 du code de déontologie des psychologues recommande fortement la souscription d’une assurance adaptée, et la quasi-totalité des praticiens en souscrivent une — souvent exigée contractuellement par les plateformes de prise de rendez-vous, les bailleurs de cabinet ou les institutions partenaires.

Autre spécificité du métier : le dispositif Mon soutien psy, qui permet à un psychologue libéral (y compris en micro-entreprise) de se conventionner avec l’Assurance Maladie. En 2026, il ouvre droit à 12 séances par an (un bilan puis onze séances de suivi) facturées 50 € et remboursées à 60 % par l’Assurance Maladie, le solde pouvant être pris en charge par une mutuelle. Le conventionnement suppose un master 2, une inscription RPPS, une expérience clinique post-master et une assurance RC pro.

Vos autres obligations restent celles de tout micro-entrepreneur : compte bancaire dédié au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires deux années de suite, livre des recettes, factures conformes, et anticipation de la facturation électronique (réception obligatoire dès septembre 2026).

Comment se lancer : les étapes

Le parcours type pour vous installer :

  • 1. Obtenir votre master 2 mention psychologie (ou diplôme reconnu équivalent) et choisir votre spécialisation.
  • 2. Vous inscrire au répertoire RPPS auprès de l’ARS.
  • 3. Déclarer votre activité sur le Guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) : vous obtenez votre SIRET et votre code APE.
  • 4. Souscrire une assurance RC pro, conformément au code de déontologie.
  • 5. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible, dans les 60 jours suivant le début d’activité.
  • 6. Envisager le conventionnement Mon soutien psy si votre pratique s’y prête.
  • 7. Équiper votre cabinet et déclarer votre chiffre d’affaires à l’Urssaf dès la première échéance.

Pourquoi se faire accompagner

Le psychologue en micro-entreprise cumule des règles propres à un titre protégé (déontologie, TVA sur les soins) et des règles fiscales qui évoluent chaque année (taux Cipav, seuils, facturation électronique). Une erreur d’appréciation — par exemple sur le périmètre exact de l’exonération de TVA — peut coûter cher lors d’un contrôle.

S’entourer d’un syndicat professionnel dédié aux indépendants permet de rester informé sans y consacrer un temps précieux, pris sur vos consultations.

Vous exercez ce métier en micro ?

Vous vous installez comme psychologue ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) accompagne, informe et défend les indépendants en micro-entreprise. En adhérant, vous restez à jour des règles 2026 propres aux professions de santé réglementées, et vous accédez à une solution de facturation électronique conforme, à tarif négocié pour anticiper sereinement l’obligation à venir.

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