Fiche métier

Se lancer comme livreur ou coursier indépendant en micro-entreprise

Régime : BIC (prestations de services) · Code APE indicatif : 5320Z
6 min de lecture·Par le SME

Livraison de repas, de colis ou de courses : le métier de coursier ou livreur indépendant (à vélo, en scooter ou en voiture) s’est largement développé avec l’essor des plateformes comme Uber Eats, Deliveroo ou Stuart. C’est l’un des métiers les plus rapides à démarrer en micro-entreprise : peu d’investissement de départ, une inscription en ligne en quelques minutes, et des cotisations calculées uniquement sur les courses effectivement payées.

Contrairement au VTC, l’activité de coursier n’est pas réglementée par une carte professionnelle — mais elle reste encadrée par des règles fiscales, sociales et de sécurité qu’il faut connaître avant de démarrer. Voici, à jour pour 2026, l’essentiel pour se lancer.

Le métier de coursier indépendant en micro-entreprise

Le coursier ou livreur indépendant collecte et livre des repas, colis ou courses pour le compte de particuliers, de commerçants ou de plateformes de mise en relation, le plus souvent à vélo, vélo à assistance électrique, scooter ou voiture. Il peut travailler exclusivement pour une plateforme (Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Just Eat...), pour plusieurs en parallèle, ou développer une clientèle de commerçants locaux en direct.

À la différence du VTC, aucune carte professionnelle n’est exigée pour exercer : l’accès au métier est libre. La micro-entreprise reste néanmoins la voie recommandée pour facturer légalement ses prestations — les plateformes exigent toutes un numéro SIRET valide avant de référencer un livreur et de traiter ses factures.

Régime fiscal (BIC) et code APE

L’activité de coursier est une prestation de services commerciale : les revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un abattement forfaitaire micro-fiscal de 50 % sur le chiffre d’affaires.

Le code APE le plus couramment attribué par l’INSEE est le 5320Z — Autres activités de poste et de courrier, qui couvre explicitement la livraison de repas à domicile et les activités de coursier urbain, en dehors du service postal universel. Rappel : ce code est purement statistique et n’a d’incidence ni sur votre fiscalité ni sur vos cotisations.

Seuils et plafonds applicables en 2026

Le coursier relevant d’une activité de services, le plafond du régime micro applicable en 2026 est de 83 600 € de chiffre d’affaires annuel (période 2026-2028), contre 203 100 € pour les activités de vente de marchandises. Au-delà, sur deux années civiles consécutives, vous basculez vers le régime réel l’année suivante.

Cotisations sociales et charges en 2026

Le taux de cotisations sociales applicable au coursier (prestations de services BIC) est de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé en 2026, auquel s’ajoute la contribution à la formation professionnelle de 0,2 %.

L’ACRE réduit ces cotisations la première année : exonération de 50 % pour les créations jusqu’au 30 juin 2026 (soit environ 10,6 % de cotisations), ramenée à une exonération de 25 % pour les créations à compter du 1er juillet 2026 (soit environ 15,9 %). La demande se fait auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité — elle n’est plus automatique.

Le versement fiscal libératoire, sous conditions de revenu, permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, au taux de 1,7 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services BIC.

TVA : la franchise en base

La plupart des coursiers en micro-entreprise ne facturent pas de TVA grâce à la franchise en base, applicable pour les prestations de services jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires (seuil majoré de tolérance : 41 250 €). Au-delà, la TVA (20 %) doit être facturée et déclarée.

Le projet d’abaissement du seuil de franchise à 25 000 € a été définitivement abandonné (loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025) : les seuils ci-dessus restent la référence en 2026.

Relation avec les plateformes : indépendance, charte sociale et ARPE

Travailler pour une plateforme (Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Just Eat) n’en fait pas un salarié : le coursier reste un travailleur indépendant, libre de choisir ses horaires de connexion, de refuser des courses et de travailler pour plusieurs plateformes. Cette indépendance a toutefois déjà été contestée en justice (requalifications en salariat prononcées dans des cas de subordination caractérisée) : mieux vaut conserver une réelle liberté d’organisation — horaires variables, plusieurs plateformes, refus de courses sans sanction — pour sécuriser son statut.

Depuis 2021, l’ARPE (Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi) organise le dialogue social dans le secteur de la livraison à deux ou trois roues : élections de représentants des livreurs, négociation d’accords collectifs sur la rémunération, la sécurité et les conditions de connexion. Les plateformes peuvent également adopter une charte de responsabilité sociale, validée par la Direction générale du travail, qui précise leurs engagements (prix minimum, droit à la déconnexion) sans emporter de présomption de salariat.

Assurances, équipement et sécurité

Aucune assurance spécifique n’est légalement imposée au coursier à vélo, mais une assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est vivement recommandée : elle couvre les dommages causés à un tiers ou à la marchandise transportée, ce qu’une assurance habitation classique ne couvre pas pour une activité professionnelle.

Si vous circulez en scooter, moto ou speed-pedelec (vélo à assistance électrique débridé au-delà de 25 km/h), le véhicule doit être immatriculé et assuré au titre d’une assurance responsabilité civile deux-roues motorisé, et le permis adapté (AM ou A1 selon la puissance) est obligatoire. Un vélo à assistance électrique classique (bridé à 25 km/h) ne nécessite ni permis ni immatriculation.

L’ouverture d’un compte bancaire dédié devient obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives, et la facturation électronique deviendra progressivement obligatoire (réception dès le 1er septembre 2026, émission pour les micro-entrepreneurs à partir du 1er septembre 2027).

Comment se lancer : les étapes

  • 1. Déclarer votre activité gratuitement sur le Guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) pour obtenir votre SIRET et votre code APE (5320Z).
  • 2. Vous équiper : vélo, VAE ou scooter conforme, équipement de sécurité (casque, gilet réfléchissant), sac de livraison isotherme si besoin.
  • 3. Vous inscrire sur les plateformes (Uber Eats, Deliveroo, Stuart...) avec votre numéro SIRET, ou démarcher des commerçants en direct.
  • 4. Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours si vous y êtes éligible.
  • 5. Souscrire une RC pro et, si nécessaire, une assurance deux-roues motorisé.
  • 6. Ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité.
  • 7. Déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF selon la périodicité choisie.

Pourquoi se faire accompagner

Le statut de coursier indépendant est simple à créer, mais évolue vite : taux de cotisations, seuils de TVA, accords ARPE sur la rémunération minimale, arrivée de la facturation électronique. Une méconnaissance des règles (seuil de TVA dépassé, absence d’assurance adaptée) peut coûter cher et fragiliser votre statut d’indépendant face à une plateforme.

Être bien informé et bien accompagné permet de sécuriser son activité tout en gardant la liberté d’organisation qui fait l’attrait du métier.

Vous exercez ce métier en micro ?

Vous vous lancez comme coursier ou livreur indépendant ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) accompagne, informe et défend les indépendants en micro-entreprise. En adhérant, vous restez à jour des règles 2026 (cotisations, TVA, accords ARPE) et vous accédez à une solution de facturation électronique conforme, à tarif négocié pour anticiper sereinement l’obligation à venir.

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