Fiche métier

Se lancer comme kinésiologue en micro-entreprise

Régime : BNC · Code APE indicatif : 8690F (ou 9609Z)
7 min de lecture·Par le SME

La kinésiologie (gestion du stress, accompagnement des apprentissages, mieux-être par le mouvement et le toucher) connaît un développement rapide en France. Pour qui souhaite en faire son métier, la micro-entreprise (ex-auto-entreprise) reste le statut le plus simple et le plus rapide pour démarrer : formalités allégées, comptabilité minimale et charges calculées uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé.

Mais exercer comme kinésiologue suppose de bien poser un cadre : il s’agit d’une activité non réglementée, non reconnue par l’État, dont l’efficacité n’est pas scientifiquement établie et dont les limites d’exercice vis-à-vis de la médecine sont strictes. Voici, à jour pour 2026, tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

La kinésiologie en micro-entreprise : une pratique non réglementée à exercer avec rigueur

En France, la kinésiologie n’est pas une profession de santé réglementée et n’est pas reconnue par l’État. Aucun diplôme officiel n’existe, aucun titre n’est protégé, et le critère de qualité le plus souvent avancé par les organisations professionnelles — comme la Fédération Française de Kinésiologie (FFK), l’Union Nationale et Internationale de Kinésiologie (UNIK), la Fédération de Kinésiologie Professionnelle (FKP) ou le Syndicat National des Kinésiologues (SNK) — est un minimum de 600 heures de formation, complété par un code de déontologie et une charte de bonnes pratiques. Ces organisations ne délivrent toutefois aucun agrément d’État : l’adhésion reste un gage de sérieux, pas une reconnaissance officielle.

Cette absence de réglementation appelle une vigilance particulière. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) évalue depuis 2010 l’efficacité et les risques des pratiques de soin non conventionnelles ; la kinésiologie y figure parmi les pratiques dont le développement rapide n’est pas corroboré par des preuves scientifiques. Le kinésiologue n’est pas un professionnel de santé : il ne pose aucun diagnostic, ne traite aucune pathologie, ne prescrit rien et n’interrompt jamais un traitement médical en cours. Poser un diagnostic ou traiter une maladie sans en avoir le titre expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine (article L4161-1 du Code de la santé publique, jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende).

Pour ces raisons, la kinésiologie fait partie des pratiques explicitement surveillées par la Miviludes au titre du risque de dérive sectaire : discours culpabilisant sur l’origine des maux, incitation à interrompre un traitement médical, emprise psychologique ou financière sont des signaux d’alerte à bannir absolument. Un positionnement honnête (accompagnement du mieux-être, jamais de guérison promise) et une communication transparente sur les limites de la pratique sont indispensables.

Régime fiscal (BNC) et code APE

La kinésiologie est une activité libérale non réglementée. À ce titre, vos revenus relèvent des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Pour toute nouvelle installation, vous êtes rattaché au régime général de la Sécurité sociale des indépendants, et non à la Cipav.

En micro-entreprise, vous bénéficiez de l’abattement forfaitaire de 34 % propre aux BNC : l’administration fiscale considère que 34 % de votre chiffre d’affaires couvrent vos charges, et vous êtes imposé sur les 66 % restants (sauf option pour le versement fiscal libératoire).

Côté code APE (attribué par l’INSEE à titre statistique), le code 8690F (« Activités de santé humaine non classées ailleurs »), qui regroupe notamment sophrologues, psychopraticiens et kinésiologues, est le plus couramment attribué ; le code 9609Z (« Autres services personnels ») est parfois retenu selon le positionnement choisi. Ce code n’a d’incidence ni sur vos droits ni sur votre régime : en cas d’attribution jugée inadaptée, une contestation peut être déposée auprès de l’INSEE.

Seuils et plafonds applicables en 2026

La kinésiologie étant une prestation de services, elle relève du plafond de chiffre d’affaires des activités de services (BNC). À la suite de la revalorisation triennale, le seuil du régime micro pour la période 2026-2028 est fixé à 83 600 € de chiffre d’affaires annuel (contre 203 100 € pour les activités de vente de marchandises).

Tant que vous restez sous ce plafond, vous conservez tous les avantages de la micro-entreprise : comptabilité allégée (simple livre des recettes), déclaration simplifiée et calcul des cotisations au pourcentage. En cas de dépassement sur deux années civiles consécutives, vous basculez vers le régime réel (déclaration contrôlée) l’année suivante.

  • Plafond micro services / BNC 2026 : 83 600 €
  • Plafond micro vente 2026 : 203 100 €

Cotisations sociales et charges

En micro-entreprise, vous payez vos cotisations sociales à l’URSSAF sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations.

Le kinésiologue, en tant que profession libérale non réglementée rattachée au régime général, applique en 2026 un taux de cotisations de 25,6 % du chiffre d’affaires (contre 24,6 % en 2025 : la hausse d’un point pour les BNC est effective au 1er janvier 2026).

À cela s’ajoute la contribution à la formation professionnelle (0,2 % du chiffre d’affaires pour une profession libérale) et, selon votre situation, la cotisation foncière des entreprises (CFE), exonérée l’année de création et généralement due à partir de la deuxième année.

Vous pouvez aussi bénéficier de l’ACRE : 50 % de réduction des cotisations la première année pour les micro-entreprises créées jusqu’au 30 juin 2026, ramenée à 25 % pour les créations à compter du 1er juillet 2026, à demander dans les 60 jours suivant le début d’activité. Enfin, sous conditions de revenu fiscal de référence, l’option pour le versement fiscal libératoire (2,2 % du chiffre d’affaires pour les BNC) permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations.

TVA : la franchise en base

La plupart des kinésiologues en micro-entreprise ne facturent pas de TVA grâce à la franchise en base. Vous facturez alors « HT = TTC » et apposez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures.

Pour une activité de services, la franchise s’applique tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 37 500 € (seuil de base), avec un seuil majoré de tolérance à 41 250 €. Au-delà, vous devez facturer la TVA.

À noter : contrairement aux professions de santé réglementées, la kinésiologie — pratique non conventionnelle et non reconnue — n’est pas exonérée de TVA par nature ; seule la franchise en base, liée à votre niveau de chiffre d’affaires, vous en dispense. Bonne nouvelle 2026 : le projet d’instaurer un seuil unique abaissé à 25 000 € a été définitivement abandonné (loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025), et le seuil unique à 37 500 € envisagé dans le projet de loi de finances pour 2026 a lui aussi été écarté par le Parlement. Les seuils historiques restent donc en vigueur.

Assurances et obligations

Même non réglementée, l’activité engage votre responsabilité vis-à-vis de vos clients. La souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est fortement conseillée, et souvent exigée par les fédérations professionnelles à l’adhésion : elle vous couvre en cas de préjudice invoqué à la suite d’une séance.

Vos autres obligations restent légères mais réelles : ouvrir un compte bancaire dédié (obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires deux années civiles consécutives), tenir un livre des recettes, émettre des factures conformes, déclarer votre chiffre d’affaires (mensuellement ou trimestriellement) sur autoentrepreneur.urssaf.fr, et respecter des règles de communication strictes (pas d’allégation thérapeutique, pas de promesse de résultat sur une pathologie, pas de discours incitant à interrompre un traitement médical). Quelques mutuelles remboursent partiellement les séances via un forfait « médecines douces », mais l’Assurance maladie ne prend en charge aucune séance de kinésiologie.

À noter : la facturation électronique devient progressivement obligatoire pour les entreprises françaises (réception pour toutes dès septembre 2026, émission généralisée en 2027). Anticiper le choix d’un outil conforme dès aujourd’hui vous évitera une mise en conformité dans l’urgence.

Comment se lancer : les étapes

Créer sa micro-entreprise de kinésiologue est rapide et gratuit. Voici le parcours type :

  • 1. Se former (600 heures recommandées par les fédérations) et définir son positionnement (gestion du stress, accompagnement scolaire, sport, périnatalité…).
  • 2. Déclarer son activité sur le Guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui transmet automatiquement à l’INSEE et à l’URSSAF.
  • 3. Recevoir son numéro SIRET et son code APE sous quelques jours.
  • 4. Adhérer à une fédération (FFK, UNIK, FKP ou SNK) pour bénéficier d’un code de déontologie et d’une reconnaissance de pairs.
  • 5. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible (au plus tard le 60e jour suivant le début d’activité), et choisir ou non le versement fiscal libératoire.
  • 6. Souscrire une RC pro et ouvrir un compte bancaire dédié.
  • 7. Déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF selon la périodicité choisie, dès la première échéance.

Pourquoi se faire accompagner

La micro-entreprise est simple sur le papier, mais les règles évoluent chaque année : taux de cotisations, seuils, TVA, facturation électronique — sans compter la vigilance déontologique propre à une pratique non reconnue par l’État. Une erreur de plafond, d’option fiscale ou de communication peut coûter cher. Se faire accompagner, c’est rester serein sur l’administratif pour se concentrer sur ses clients et exercer en toute légalité.

C’est précisément le rôle d’un syndicat professionnel dédié aux indépendants : information à jour, défense de vos intérêts et solutions concrètes pour gérer votre activité au quotidien.

Vous exercez ce métier en micro ?

Vous vous lancez comme kinésiologue ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) accompagne, informe et défend les indépendants en micro-entreprise. En adhérant, vous restez à jour des règles 2026, vous bénéficiez de conseils concrets et vous accédez à une solution de facturation électronique conforme, à tarif négocié pour anticiper sereinement l’obligation à venir.

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