Se lancer comme conseiller ou conseillère en naturopathie, en micro-entreprise
Le conseil en naturopathie attire de plus en plus de personnes en quête de sens et de proximité avec le bien-être de leurs clients. Comme pour le naturopathe, la micro-entreprise est le statut le plus simple pour se lancer en indépendant : formalités allégées, comptabilité minimale, charges calculées uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé.
Mais attention à un point que le grand public ignore souvent : le conseiller ou la conseillère en naturopathie n’est pas un naturopathe. Selon le référentiel métier du Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative (SPBE), la différence est nette — et elle conditionne directement ce que vous avez le droit de faire une fois installé. Voici, à jour pour 2026, tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
Conseiller en naturopathie : une activité de conseil, pas de techniques manuelles
Le SPBE le constate noir sur blanc dans son référentiel métier (juin 2026) : « les usagers et certains professionnels ne connaissent pas la différence entre le métier de Naturopathe et celui de Conseiller en Naturopathie ». Or cette différence est essentielle.
Le naturopathe maîtrise des techniques manuelles de bien-être (réflexologie plantaire, palmaire, faciale, dorsale, massages bien-être) en plus du conseil. Le conseiller ou la conseillère en naturopathie, lui, exerce uniquement des techniques de conseil : il ne pratique aucune technique manuelle. Son accompagnement repose sur l’alimentation et la nutrition, la micronutrition, l’aromathérapie, la phytothérapie (sous ses formes galéniques : gélules, teintures, tisanes), les techniques respiratoires et les conseils en activité physique adaptée.
Comme le naturopathe, le conseiller en naturopathie s’inscrit dans une démarche de prévention, en complément — jamais en substitution — d’un suivi médical. Il ne pose pas de diagnostic et ne prescrit rien.
Régime fiscal (BNC) et code APE
Comme le naturopathe, le conseiller ou la conseillère en naturopathie exerce une profession libérale non réglementée. Ses revenus relèvent donc des Bénéfices Non Commerciaux (BNC), avec un rattachement au régime général de la Sécurité sociale des indépendants pour toute nouvelle installation.
En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire applicable aux BNC est de 34 % : l’administration fiscale considère que 34 % du chiffre d’affaires couvrent les charges, le solde étant imposé (sauf option pour le versement fiscal libératoire).
Côté code APE, le conseiller en naturopathie se voit le plus souvent attribuer, comme le naturopathe, le code 8690F (« Activités de santé humaine non classées ailleurs ») ou le code 9609Z (« Autres services personnels »). Ce code, purement statistique, n’a d’incidence ni sur vos droits ni sur votre régime fiscal.
Seuils et plafonds applicables en 2026
Le conseil en naturopathie relève des prestations de services. Pour la période 2026-2028, le plafond du régime micro applicable aux activités de services et aux professions libérales est fixé à 83 600 € de chiffre d’affaires annuel — à distinguer du plafond des activités de vente, fixé à 203 100 €.
Sous ce plafond, vous conservez tous les avantages du régime micro : livre des recettes simplifié, déclaration allégée, cotisations calculées au pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. En cas de dépassement pendant deux années civiles consécutives, le régime réel (déclaration contrôlée) s’applique à partir de l’année suivante.
- Plafond micro services / BNC 2026 : 83 600 €
- Plafond micro vente 2026 : 203 100 €
Cotisations sociales et charges
Les cotisations sociales sont versées à l’URSSAF sous la forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé : sans chiffre d’affaires, pas de cotisations.
En tant que profession libérale relevant des BNC, le conseiller ou la conseillère en naturopathie applique en 2026 un taux de cotisations de 25,6 % du chiffre d’affaires (contre 24,6 % en 2025, la hausse d’un point étant effective depuis le 1er janvier 2026). S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle (0,2 % du chiffre d’affaires) et, à partir de la deuxième année d’activité en général, la cotisation foncière des entreprises (CFE).
L’ACRE (exonération partielle de début d’activité) reste accessible sous conditions, mais son niveau change selon la date de création : réduction de 50 % des cotisations la première année pour les micro-entreprises créées jusqu’au 30 juin 2026, ramenée à 25 % pour les créations à compter du 1er juillet 2026. La demande doit être déposée dans les 60 jours suivant le début d’activité. Sous conditions de revenu fiscal de référence, le versement fiscal libératoire (2,2 % du chiffre d’affaires pour les BNC) permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations.
TVA : la franchise en base
Tant que vous restez sous les seuils applicables, vous ne facturez pas de TVA : vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Pour une activité de services comme le conseil en naturopathie, la franchise en base s’applique jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires (seuil majoré de tolérance : 41 250 €).
Le projet d’un seuil unique abaissé à 25 000 € pour toutes les activités a été définitivement supprimé par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 : les seuils historiques restent donc en vigueur, ce qui sécurise les indépendants qui démarrent leur activité.
Limites d’exercice : ce que la loi interdit
Le référentiel du SPBE est explicite : le conseiller ou la conseillère en naturopathie doit veiller à ne jamais commettre les infractions d’exercice illégal de la médecine, de la pharmacie ou de la kinésithérapie, prévues aux articles L.4161-1, L.4223-1, L.4321-1 et L.4323-4 du Code de la santé publique.
Concrètement, cela signifie : jamais de diagnostic médical, jamais de conseil qui reviendrait à modifier ou arrêter un traitement prescrit par un professionnel de santé, et un renvoi systématique vers le médecin, le pharmacien ou tout autre professionnel de santé compétent dès que la situation d’un client dépasse le champ du conseil en hygiène de vie. Le consentement éclairé du client et la tenue rigoureuse de ses données personnelles (RGPD) font partie des bonnes pratiques attendues.
Une assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est fortement recommandée pour couvrir tout préjudice invoqué à la suite d’un conseil.
Comment se lancer : les étapes
Créer sa micro-entreprise de conseiller ou conseillère en naturopathie est rapide et gratuit :
- 1. Se former auprès d’un organisme sérieux et définir son positionnement (nutrition, micronutrition, phytothérapie, gestion du stress…).
- 2. Déclarer son activité sur le Guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui transmet automatiquement à l’INSEE et à l’URSSAF.
- 3. Recevoir son numéro SIRET et son code APE.
- 4. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible (au plus tard le 60e jour suivant le début d’activité) et choisir ou non le versement fiscal libératoire.
- 5. Souscrire une RC pro et ouvrir un compte bancaire dédié.
- 6. Formaliser son cadre de pratique : consentement éclairé, mentions légales, outils de facturation.
- 7. Déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF selon la périodicité choisie.
Pourquoi se faire accompagner
Entre les évolutions annuelles des taux, des seuils et de la TVA, et la vigilance nécessaire sur les limites d’exercice, mieux vaut ne pas naviguer seul. Un syndicat professionnel dédié aux indépendants vous permet de rester informé, défendu et outillé au quotidien, pour vous concentrer sur l’accompagnement de vos clients.
Vous exercez ce métier en micro ?
Vous vous lancez comme conseiller ou conseillère en naturopathie ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) accompagne, informe et défend les indépendants en micro-entreprise. En adhérant, vous restez à jour des règles 2026, vous bénéficiez de conseils concrets et vous accédez à une solution de facturation électronique conforme, à tarif négocié pour anticiper sereinement l’obligation à venir.
Rejoignez le SME et exercez l’esprit tranquille.
Rejoindre le SMESources
- SPBE — Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative — Référentiel métier Conseiller en Naturopathie (juin 2026)
- URSSAF Auto-entrepreneur — L’essentiel du statut
- URSSAF — Évolution des taux de cotisations des auto-entrepreneurs (2026)
- URSSAF Auto-entrepreneur — Modification des seuils de chiffre d’affaires 2026
- economie.gouv.fr — Franchise en base de TVA
- Légifrance — Code de la santé publique (articles L.4161-1 et suivants, exercice illégal des professions de santé)
- Service-public.fr — Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE)
- Guichet unique des formalités des entreprises (INPI)