Se lancer comme chauffeur VTC en micro-entreprise
Le VTC (voiture de transport avec chauffeur) est l’un des métiers de transport de personnes les plus accessibles pour se mettre à son compte : pas de licence rare et coûteuse comme pour le taxi, une formation courte et un marché structuré par les grandes plateformes (Uber, Bolt, Heetch...). La micro-entreprise permet de démarrer rapidement, avec une comptabilité allégée et des cotisations calculées uniquement sur les courses encaissées.
Contrairement à d’autres activités indépendantes, le VTC est une profession réglementée : carte professionnelle, inscription à un registre national, véhicule conforme et assurance spécifique sont obligatoires avant la première course. Voici, à jour pour 2026, tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
Le métier de chauffeur VTC en micro-entreprise
Le chauffeur VTC transporte des passagers avec chauffeur, sur réservation préalable uniquement — via une centrale de réservation, une plateforme (Uber, Bolt, Heetch, Marcel...) ou son propre standard. Contrairement au taxi, il ne peut ni maraude ni stationner sur la voie publique en attente de client, et n’a pas accès aux couloirs de bus.
Pour exercer, il faut être titulaire du permis B depuis au moins 3 ans (2 ans dans le cadre de la conduite accompagnée), disposer d’un casier judiciaire compatible avec la profession (bulletin n°2), et réussir un examen professionnel VTC (ou obtenir une équivalence pour certaines professions, comme les ex-taxis ou ambulanciers). La micro-entreprise reste le statut le plus utilisé pour démarrer : création gratuite, comptabilité allégée, cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.
Carte professionnelle, REVTC et véhicule conforme : le socle réglementaire
Trois obligations conditionnent le droit d’exercer, avant même la première course :
- La carte professionnelle VTC, délivrée après réussite de l’examen (57,60 € TTC, instruction en 3 mois), valable 5 ans et renouvelable sous réserve de 14 heures de formation continue. Elle doit être présentée à chaque course.
- L’inscription au REVTC (Registre des exploitants VTC), en ligne sur le portail officiel du ministère de la Transition écologique, moyennant 170 €, renouvelable tous les 5 ans. Elle nécessite un extrait Kbis ou avis de situation SIRENE, la carte grise du véhicule, une attestation d’assurance et, si le véhicule n’est pas détenu en direct, un justificatif de capacité financière. Exercer sans inscription REVTC valide — même avec une carte professionnelle — est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.
- La visite médicale d’aptitude, réalisée par un médecin agréé par la préfecture (environ 36 €), à renouveler tous les 5 ans (tous les 2 ans à partir de 60 ans, tous les ans à partir de 76 ans).
Le véhicule doit en outre porter le macaron VTC officiel (étiquette rouge et bleu marine apposée sur le pare-brise avant et la lunette arrière), commandé via l’espace REVTC pour 36,70 € — obligatoire depuis la loi Grandguillaume de 2016, sous peine d’une amende de 135 €.
Régime fiscal (BIC) et code APE
Le transport de personnes est une activité commerciale : les revenus du chauffeur VTC relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), catégorie « prestations de services ». En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire applicable est de 50 % : l’administration considère que la moitié du chiffre d’affaires couvre les charges (carburant, entretien, assurance...), et l’impôt porte sur les 50 % restants (sauf option pour le versement libératoire).
Le code APE attribué par l’INSEE est le 4932Z — Transports de voyageurs par taxis, code partagé avec les taxis bien que la réglementation diffère. À noter : la nomenclature NAF sera révisée au 1er janvier 2027, avec un éclatement du code 4932Z en plusieurs sous-codes — sans incidence sur votre régime fiscal ou vos cotisations actuelles.
Seuils et plafonds applicables en 2026
Le VTC étant une prestation de services, le plafond du régime micro applicable est celui des activités de services : 83 600 € de chiffre d’affaires annuel pour la période 2026-2028 (contre 203 100 € pour les activités de vente de marchandises). En cas de dépassement sur deux années civiles consécutives, vous basculez vers le régime réel l’année suivante, avec une comptabilité complète et la récupération de la TVA sur vos achats (carburant, entretien, véhicule).
Cotisations sociales et charges en 2026
Le taux de cotisations sociales applicable au chauffeur VTC (prestations de services BIC) est de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé en 2026. S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,2 %, propre aux prestations de services commerciales.
L’ACRE réduit ces cotisations la première année : exonération de 50 % (soit environ 10,6 % de cotisations) pour les créations jusqu’au 30 juin 2026, ramenée à une exonération de 25 % (soit environ 15,9 %) pour les créations à compter du 1er juillet 2026. La demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité.
Le versement fiscal libératoire, sous conditions de revenu fiscal de référence, permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, au taux de 1,7 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services BIC.
TVA : la franchise en base
Sous la franchise en base de TVA, le chauffeur VTC facture ses courses sans TVA (mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI »). Pour une activité de services, la franchise s’applique jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires (seuil majoré de tolérance : 41 250 €).
Franchir le seuil de base fait perdre la franchise au 1er janvier de l’année suivante ; franchir le seuil majoré rend redevable dès le jour du dépassement. Bonne nouvelle pour 2026 : le projet d’abaissement du seuil à 25 000 € a été définitivement abandonné (loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025).
Point de vigilance en micro-entreprise : sous franchise, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels — et la détaxe TICPE sur le gazole professionnel reste réservée aux entreprises au régime réel.
Assurance, plateformes et revenu minimal garanti
Au-delà de l’assurance auto classique, le VTC doit souscrire une assurance responsabilité civile « transport onéreux de personnes », exigée pour l’inscription au REVTC : elle couvre les passagers en cas d’accident pendant une course rémunérée, ce que ne fait pas une assurance auto standard.
La grande majorité des chauffeurs VTC travaillent via des plateformes de mise en relation (Uber, Bolt, Heetch, Marcel...), qui exigent un numéro SIRET valide pour référencer le chauffeur et traiter ses factures. Le chauffeur reste un travailleur indépendant, non salarié de la plateforme : il choisit ses horaires de connexion et peut travailler pour plusieurs plateformes simultanément.
Depuis 2021, l’ARPE (Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi) organise le dialogue social entre plateformes et chauffeurs VTC : élections de représentants, négociation d’accords collectifs sectoriels, dont un accord fixant un revenu minimal garanti par mission. Les montants évoluent régulièrement : consultez arpe.gouv.fr pour les niveaux en vigueur.
Comment se lancer : les étapes
- 1. Réussir l’examen VTC (ou obtenir une équivalence) et passer la visite médicale d’aptitude.
- 2. Déclarer votre activité sur le Guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) pour obtenir votre SIRET et votre carte professionnelle.
- 3. Vous inscrire au REVTC avec les justificatifs du véhicule et de l’assurance.
- 4. Souscrire l’assurance RC « transport onéreux de personnes » et commander votre macaron VTC.
- 5. Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours si vous y êtes éligible.
- 6. Vous référencer sur les plateformes (Uber, Bolt, Heetch...) avec votre SIRET, ou développer votre propre clientèle.
- 7. Déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF selon la périodicité choisie.
Pourquoi se faire accompagner
Entre l’examen, l’inscription au REVTC, le renouvellement quinquennal de la carte et de la visite médicale, et les évolutions régulières des taux de cotisations et des accords ARPE, le chauffeur VTC jongle avec un cadre réglementaire plus dense que la plupart des indépendants. Une erreur (REVTC expiré, seuil de TVA dépassé sans anticipation) peut coûter cher, jusqu’à l’interdiction temporaire d’exercer.
Être bien informé et bien accompagné permet de se concentrer sur les courses plutôt que sur la paperasse.
Vous exercez ce métier en micro ?
Vous vous lancez comme chauffeur VTC ? Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) accompagne, informe et défend les indépendants en micro-entreprise. En adhérant, vous restez à jour des règles 2026 (cotisations, TVA, accords ARPE) et vous accédez à une solution de facturation électronique conforme, à tarif négocié pour anticiper sereinement l’obligation à venir.
Rejoignez le SME et exercez l’esprit tranquille.
Rejoindre le SMESources
- REVTC — Registre des exploitants VTC (Ministère de la Transition écologique)
- Service Public Entreprendre — Carte professionnelle VTC par équivalence
- Service-Public.fr — Contrôle médical obligatoire pour le permis de conduire professionnel
- ARPE — Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi
- INSEE — Nomenclature d’activités (code APE 4932Z Transports de voyageurs par taxis)
- URSSAF — Évolution des taux de cotisations des auto-entrepreneurs (2026)
- Autoentrepreneur.urssaf.fr — Modification des seuils de chiffre d’affaires 2026