Le régime micro

Comment devenir auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) en 2026 : le guide pas-à-pas

5 min de lecture·Par le SME

Le statut de micro-entrepreneur (ex-auto-entrepreneur) reste, en 2026, la voie la plus simple pour lancer une activité indépendante en France : formalités allégées, comptabilité simplifiée et cotisations calculées uniquement sur ce que vous encaissez. Bonne nouvelle pour cette année : la réforme du seuil unique de TVA à 25 000 € a été définitivement supprimée par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, qui pérennise les seuils différenciés. Vous démarrez donc l’année avec un cadre fiscal stable.

Voici, étape par étape, la procédure de création à jour en 2026, entièrement dématérialisée via le guichet unique.

Étape 1 — Vérifier que votre activité est éligible au régime micro

Le régime de la micro-entreprise s’adresse aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas les plafonds du régime. Pour la période 2026-2028, l’URSSAF a revalorisé ces seuils :

  • 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, denrées à emporter ou à consommer sur place, et fourniture de logement (contre 188 700 € auparavant) ;
  • 83 600 € pour les prestations de services (BIC ou BNC) et les prestations d’hébergement (contre 77 700 € auparavant).

En cas d’activité mixte (vente et services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au maximum 83 600 € pour la partie services. Ces plafonds sont proratisés si vous créez votre activité en cours d’année. Certaines professions restent exclues du statut (activités agricoles relevant de la MSA, certaines professions réglementées, activités relevant de la TVA immobilière…) : vérifiez votre cas avant de vous lancer.

Étape 2 — Déclarer son activité sur le guichet unique (INPI)

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les créations d’entreprise se font en ligne sur le guichet unique géré par l’INPI (site formalites.entreprises.gouv.fr). Les anciens canaux (CFE, formulaire de création de lautoentrepreneur.urssaf.fr) ne servent plus à immatriculer — le portail URSSAF de l’auto-entrepreneur reste, lui, utilisé pour déclarer et payer vos cotisations une fois l’entreprise créée.

La démarche se déroule ainsi :

  • Créer un compte et vous connecter (via FranceConnect+ ou un compte INPI) ;
  • choisir « Créer une entreprise », puis le statut d’entrepreneur individuel avec l’option micro-entrepreneur ;
  • renseigner votre dossier : identité, adresse de l’entreprise, description et catégorie de l’activité, déclaration d’insaisissabilité éventuelle de votre résidence, et vos options fiscales et sociales ;
  • joindre les justificatifs au format PDF, puis vérifier, signer électroniquement et payer les éventuels frais.

L’immatriculation d’une micro-entreprise commerciale ou libérale au Registre national des entreprises (RNE) est en principe gratuite ; des frais peuvent s’appliquer pour une activité artisanale (inscription au répertoire des métiers).

Étape 3 — Préparer les pièces justificatives

Les documents demandés dépendent de votre situation et de la nature de l’activité, indiquées au fil du formulaire. Préparez généralement :

  • une pièce d’identité en cours de validité (recto-verso) ;
  • un justificatif de domicile de moins de 3 mois (ou un justificatif d’occupation du local) ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et de filiation ;
  • selon l’activité : un justificatif de qualification ou de diplôme (activités artisanales réglementées), un agrément ou une autorisation.

Un dossier complet évite les demandes de pièces complémentaires, qui rallongent les délais.

Étape 4 — Choisir ses options fiscales et sociales

Au moment de la déclaration, plusieurs choix déterminent vos futurs prélèvements.

Cotisations sociales URSSAF (taux 2026, appliqués sur le chiffre d’affaires encaissé) :

  • vente de marchandises (BIC) : 12,3 % ;
  • prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : 21,2 % ;
  • professions libérales relevant du régime général (BNC) : 25,6 % (contre 24,6 % en 2025) ;
  • professions libérales relevant de la CIPAV : 23,2 %.

S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 % selon l’activité) et, pour les artisans et commerçants, une taxe pour frais de chambre.

L’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise) allège vos cotisations sociales la première année d’activité. Attention, une réforme change la donne en 2026 : pour une micro-entreprise créée jusqu’au 30 juin 2026, l’exonération reste de 50 % ; pour une création intervenant à partir du 1er juillet 2026, elle est ramenée à 25 % (vous acquittez alors 75 % des taux normaux). L’ACRE n’est pas automatique pour les micro-entrepreneurs : la demande doit être formulée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant la création, justificatifs à l’appui.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations, à un taux forfaitaire (1 % en vente, 1,7 % en services BIC, 2,2 % en libéral). Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de 2024 (année N-2) ne dépasse pas 29 315 € par part. L’option se demande au plus tard le 30 septembre de l’année précédente ; en cas de création, au plus tard le dernier jour du 3e mois qui suit celle-ci, pour une application dès l’année en cours.

Étape 5 — SIRET, affiliation URSSAF et délais

Après validation, le guichet unique transmet automatiquement votre dossier aux organismes compétents : l’INSEE attribue votre numéro SIREN/SIRET et votre code APE, la DGFiP (impôts) et l’URSSAF enregistrent votre affiliation. Vous n’avez pas de démarche séparée à faire auprès de l’URSSAF : l’affiliation découle de la déclaration.

Les délais varient selon la complétude du dossier et la nature de l’activité, mais l’immatriculation intervient le plus souvent en quelques jours à deux semaines ouvrés. Vous suivez l’avancement en temps réel sur votre tableau de bord du guichet unique, qui vous alerte en cas de pièce manquante. Une fois le SIRET reçu, pensez à ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité (obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires deux années civiles consécutives) et à déclarer votre chiffre d’affaires selon la périodicité choisie (mensuelle ou trimestrielle).

TVA : des seuils confirmés et stables pour 2026

La franchise en base de TVA vous dispense de facturer et de déclarer la TVA tant que votre chiffre d’affaires reste sous les seuils. Après la suppression définitive de la réforme du seuil unique à 25 000 €, les seuils différenciés s’appliquent en 2026 :

  • vente de marchandises : 85 000 € (seuil de base) et 93 500 € (seuil majoré) ;
  • prestations de services : 37 500 € (seuil de base) et 41 250 € (seuil majoré).

Au-delà du seuil majoré, la TVA devient exigible dès le premier jour du dépassement. À noter : même en franchise, la réforme de la facturation électronique se déploie et concernera progressivement les micro-entrepreneurs — un point à anticiper pour rester conforme.

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Vous vous lancez comme micro-entrepreneur ? Ne restez pas seul. Le Syndicat des Micro-Entrepreneurs (SME) a été créé pour représenter, défendre et accompagner les indépendants sous statut micro. En adhérant, vous bénéficiez d’un accompagnement dans vos démarches et d’un accès à une solution de facturation électronique conforme à la réforme, à tarif négocié : 100 € TTC/an (offre Facturation) ou 180 € TTC/an (offre Gestion). Anticipez dès aujourd’hui vos obligations et gagnez en sérénité. Rejoignez le SME et faites entendre votre voix.

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