La CFE en micro-entreprise : exonérations, calcul et paiement en 2026
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est l’un des rares impôts « locaux » que doit acquitter un micro-entrepreneur, même sans local commercial. Beaucoup la découvrent avec surprise en recevant leur premier avis. Bonne nouvelle : la loi prévoit deux exonérations majeures — la première année d’activité et le cas d’un chiffre d’affaires modeste. Voici, en langage clair, qui paie, comment la CFE se calcule et quelles sont les échéances 2026.
Qu'est-ce que la CFE et qui doit la payer ?
La CFE est une composante de la contribution économique territoriale (CET). Elle est due par toute personne physique ou morale qui exerce une activité professionnelle non salariée à titre habituel, quel que soit son statut ou son régime d’imposition. Le micro-entrepreneur y est donc soumis comme n’importe quelle autre entreprise.
Point important : la CFE n’a rien à voir avec les cotisations sociales que vous payez à l’Urssaf sur votre chiffre d’affaires (12,3 % en vente, 21,2 % en prestations de services BIC, 25,6 % en BNC, 23,2 % pour les affiliés Cipav en 2026). C’est un impôt distinct, encaissé par le service des impôts au profit de votre commune. Elle est due dans chaque commune où vous disposez de locaux ou de terrains ; si vous travaillez à domicile ou sans local dédié, elle est rattachée à votre lieu d’habitation.
L'exonération automatique la première année
Toute entreprise nouvellement créée est totalement exonérée de CFE pour son année de création, quel que soit son secteur ou son chiffre d’affaires. Si vous lancez votre micro-entreprise en 2026, vous ne paierez donc aucune CFE au titre de 2026.
Attention toutefois : cette exonération ne vous dispense pas de la formalité déclarative (voir plus bas). Et l’année suivante, la deuxième année d’activité bénéficie d’un autre avantage : la base d’imposition est réduite de moitié. La CFE devient donc « pleine » à partir de la troisième année.
L'exonération si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 €
Depuis 2019, les redevables dont le chiffre d’affaires ou les recettes n’excèdent pas 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum de CFE. Concrètement, pour un micro-entrepreneur sans local professionnel — qui relève justement de cette base minimum — cela revient à ne rien payer.
Le chiffre d’affaires retenu est celui de l’avant-dernière année (N-2). Pour la CFE 2026, on regarde donc votre chiffre d’affaires 2024. Par exception, pour une entreprise créée en 2025, c’est le chiffre d’affaires 2025 qui sert de référence (et il est ajusté au prorata s’il porte sur une fraction d’année). Cette exonération est automatique : aucune démarche n’est à faire.
Comment se calcule la CFE ?
La CFE est en principe assise sur la valeur locative des biens immobiliers que vous utilisez pour votre activité (locaux, bureaux). Mais la majorité des micro-entrepreneurs n’ont pas de local dédié, ou une valeur locative très faible. Dans ce cas, l’administration applique une cotisation minimum, calculée à partir d’une base minimum fixée par votre commune à l’intérieur d’un barème national, en fonction de votre chiffre d’affaires N-2.
Ce barème est revalorisé chaque année en fonction de l’inflation. À titre de repère, voici le barème de référence de la base minimum (la commune fixe le montant exact dans chaque fourchette) :
- ≤ 5 000 € : exonération de cotisation minimum ;
- 5 001 € à 10 000 € : base minimum entre 247 € et 589 € environ ;
- 10 001 € à 32 600 € : entre 247 € et 1 179 € ;
- 32 601 € à 100 000 € : entre 247 € et 2 477 € ;
- 100 001 € à 250 000 € : entre 247 € et 4 129 € ;
- 250 001 € à 500 000 € : entre 247 € et 5 897 € ;
- au-delà de 500 000 € : entre 247 € et 7 669 €.
Le montant de CFE final s’obtient en appliquant le taux voté par la commune à cette base. C’est pourquoi, à chiffre d’affaires égal, la CFE varie fortement d’une ville à l’autre. Ces fourchettes étant revalorisées chaque année, le montant exact de votre CFE 2026 figure sur votre avis, dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
La déclaration initiale 1447-C
Il n’existe pas de déclaration annuelle de CFE. En revanche, lors de la création de votre micro-entreprise, vous devez déposer une déclaration initiale via le formulaire 1447-C-SD, au plus tard le 31 décembre de l’année de création, auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont vous dépendez.
Cette déclaration permet à l’administration de connaître vos éléments d’imposition (locaux, surface, situation). Ensuite, vous n’avez plus rien à déclarer, sauf en cas de changement (déménagement, cessation, modification de surface) qui nécessite alors une déclaration modificative 1447-M.
Quand et comment payer la CFE ?
La CFE n’est plus envoyée par courrier. Votre avis est mis à disposition à la mi-novembre dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr : il faut donc créer cet espace pour le consulter. Le paiement est exclusivement dématérialisé.
La date limite de paiement du solde est fixée au 15 décembre 2026. Les modalités possibles :
- Paiement en ligne direct depuis l’espace professionnel jusqu’au 15 décembre ;
- Prélèvement à l’échéance (adhésion possible jusqu’au 30 novembre 2026) ;
- Mensualisation : prélèvements du 15 janvier au 15 octobre, à raison d’un dixième par mois.
À noter : les entreprises dont la CFE de l’année précédente a dépassé 3 000 € devaient verser un acompte de 50 % au 15 juin 2026, le solde restant dû au 15 décembre. Pour la grande majorité des micro-entrepreneurs, la CFE est bien inférieure à ce seuil : un paiement unique au 15 décembre suffit.
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